Le choix du mode de scrutin influence grandement la composition d'une chambre législative

Les modes de scrutin et leurs effets sur la formation d’un gouvernement

Nous pouvons diviser les différents modes de scrutin en deux grandes catégories, soit les modes de scrutin majoritaire et les modes de scrutin proportionnel. Ceux-ci se déclinent ensuite en plusieurs variantes. 

Les modes de scrutin majoritaire

Les modes de scrutin dit majoritaire ont pour but d’identifier la force politique dominante en laissant moins de place aux petits partis. Ceux-ci facilitent grandement l’élection de gouvernements majoritaires et, de ce fait, renforcent la stabilité des gouvernements. 

Le principe de base d’un mode de scrutin majoritaire est de diviser le territoire en circonscription ayant plus ou moins le même nombre d’électeurs où le candidat ayant reçu le plus grand nombre de votes remporte l’élection. Ensuite, le parti ayant fait élire le plus grand nombre de candidats forme le gouvernement. Il s’agit d’un processus simple et compris par tous. Cette méthode a pour avantage de lier le député à une circonscription et de le mettre en relation directe avec ses électeurs. 

Ce modèle comporte néanmoins certains inconvénients. Par exemple, le mode de scrutin majoritaire apporte souvent des distorsions importantes entre le nombre de votes recueillis par un parti et le nombre de sièges qu’il reçoit. Il n’est pas rare qu’un gouvernement obtienne une majorité absolue de sièges malgré le fait qu’il n’ait obtenu que 35 ou 40% des votes. À l’inverse, les autres partis se voient sous représentés en terme de députés. Quant aux petits partis, il leur est quasi impossible d’arracher un siège même en représentant 5 à 10% de l’électorat national, ce qui réduit la diversité des partis ainsi que la représentativité de l’Assemblée. 

Ce mode de scrutin a également comme effet pervers de rendre plusieurs votes « inutiles ». Les personnes votant pour des partis marginaux ne se voient pas représentés alors qu’ils représentent un certain pourcentage à l’échelle d’un pays. Inversement, tous les votes qu’un candidat récolte deviennent tout aussi inutiles dès qu’il obtient une majorité dans son comté. Gagner son comté avec 35 ou 80% des voix n’influe en rien la formation de la chambre. C’est de cette manière que le Parti québécois de Lucien Bouchard a pu former le gouvernement du Québec en 1998 malgré le fait qu’il a obtenu moins de votes que le Parti libéral de Jean Charest. Bien que ce dernier eu récolté plus de bulletins, ses appuis étaient principalement concentré dans un nombre limité de circonscription tandis que les appuis du Parti québécois étaient répartis de façon plus homogène permettant l’élection d’un plus grand nombre de candidats.

Les modes de scrutin proportionnel

Les modes de scrutin dit proportionnel, quant à eux, ont pour objectif d’offrir une représentation conforme à la volonté électorale en essayant de faire concorder le pourcentage de députés d’un parti avec son pourcentage de votes. Cela favorise l’émergence de nouveaux partis et une meilleure représentation parlementaire des électeurs, peu importe la tendance politique. 

Toutefois, cette multiplication de partis rend plus difficile la création de gouvernements majoritaires, ce qui amène souvent des gouvernements de coalition moins stables. Un autre effet pervers de ce monde de scrutin est qu’il coupe le lien direct qu’un électeur peut avoir avec son député. En effet, le député n’étant plus rattaché à une zone géographique précise, le citoyen n’a plus de « personne ressource » à qui porter ses doléances étant donné que sa région est représentée par plusieurs députés à la fois. Cela peut amener à une déresponsabilisation des députés face aux problèmes individuels des électeurs. Finalement, ce genre de mode de scrutin rend quasi impossible l’élection de candidat indépendant étant donné que celui-ci voit ses appuis noyés à l’échelle d’un pays ou d’une région. 

Un bon moyen de contrer les effets négatifs des deux modes de scrutin est de mixer les deux régimes comme en Allemagne. Le scrutin proportionnel mixte compensatoire permet par exemple d’élire une partie des députés grâce à un mode majoritaire permettant ainsi le lien direct entre le député et l’électeur tout en contrant les distorsions inhérentes à ce mode de scrutin en compensant celles-ci avec l’élection de députés avec un mode de scrutin proportionnel.

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